[H1] Toutes ces filles qui vivent dans mon corps Weblog
[H2] Le sourire de Lucien Ginsburg
[H2] roving woman
[H2] je trouve quelques mots de toi au réveil puis ces notes miraculeuses
[H2] et tout devient simple clair et tranchant
[H2] dans la douceur immobile d’un matin de février
[H2] avec ce bout de ciel bleu et les oiseaux qui traversent
[H2] A Quiet Temple de Mal Waldron https://www.youtube.com/watch?v=YdQkSGsfrRA
[H2] je filme le mouvement des nuages en accéléré et je suspends leur vol
[H2] la musique injecte sa dopamine dans les multiples arborescences de mes veines
[H2] elle explore chacune de mes trente-quatre vertèbres
[H2] se pose en équilibre sur la nuque
[H2] la nuit je navigue sur le site de la BBC qui recèle plus de 16000 sons http://bbcsfx.acropolis.org.uk/
[H2] je peux y lire les descriptions précises de chaque piste
[H2] elles débordent de vie d’exil de joie de mélancolie
[H2] de quoi étancher la soif
[H2]
[H2] – summer atmosphere – quiet wind in trees and atmosphere just before dawn, distant aircraft – 1980 (1B8 , reprocessed) (technical note – to be used at low level)
– Hampstead Heath winter afternoon with coal tit, long tai ed tit, blue tit, nuthatch, robin, goldcrest, crow, distant dogs
– birds & backgrounds: churchyard, night, owls hooting, clock strikes 12 midnight at 14”
– street restaurant, Venice – exterior, busy with chat, footsteps, sounds of tables being moved and clinks
– Train interior – sound of cutlery from restaurant car adjacent (recorded on the « Train of Death » made famous by Butch Cassidy and the Sundance Kid)
[H2]
[H2] je suis en Nouvelle Angleterre ou à Buenos Aires en 1973
[H2] J’écoute le chant de ces toutes petites âmes qui ne sont plus qu’échos lointains sur les branches
[H2] J’écoute des battements de coeur autrefois dévorés d’amour et de solitude
[H2] j’entends des portes qui claquent et les pas des amants égarés dans des hôtels en ruines
[H2] J’entends des chuchotements et des rires etouffés disparus à jamais de la mémoire de chacune de ces trois jeunes filles
[H2] j’écoute les mouettes folles et les dockers accablés de soleil dans un port aujourd’hui endormi et sans charme
[H2] il n’y a que le son et l’image soudain éblouissante de nos ombres dans les rues de Paris au printemps
[H2]
[H2]
[H2] #poemedeloin #poemfromafar
[H2] je lui ai dit l’autre jour que je pourrais rester longtemps cachée dans le velours de sa barbe
[H2] y prendre refuge et demander l’asile politique
il vit très loin d’ici dans une ville immense recouverte de neige
son absence de sourire me réchauffe incroyablement
quand j’ai trop envie de l’embrasser je pourrais tout aussi bien casser deux ou trois gueules
[H2] et lorsque je suis fatiguée de construire des phrases en anglais
[H2] je fabrique des selfies en rafales comme d’autres s’exécutent à coups de sextapes
je trouve ça très beau très réel jamais ridicule
la fragmentation des écrans tente de mutiler mon crâne
je voudrais là maintenant pouvoir poser ma tête contre son coeur
[H2] bloody sunday
[H2] est ce genre de fille héroïque qui porte une tenue de combat de couleur sombre et de style camouflage quelques jours par mois depuis 2015. On parle souvent d’endométriose, plus rarement de ménorragies et la plupart des filles ne disent rien de leurs règles ou bien seulement entre elles. Pourtant ça ne manque pas de poésie. Et c’est même assez beau le matin sous la douche de se perdre dans la contemplation du sang qui s’écoule le long de la cuisse, se dilue et dessine sur la peau, sur l’émail avant de disparaître. J’ai d’ailleurs vaguement songé à partager en images sur les réseaux qu’on dit sociaux – je n’ai pas follement envie d’être sociable ou alors juste par bouffées comme la clope, j’ai arrêté mais je reprendrais bien une taffe – Bref rien de grave, une simple anémie au long cours qui me plombe. J’ai la bouche rouge sur le teint pâle, la tête me tourne mais sans ivresse. Se gaver de fer et d’algues, attendre patiemment le jour où la mécanique des flux se déglingue. Que la ménopause se pointe et délivre. Je le trouve un peu déprimant et sec cet horizon sous la pluie qui tombe. Et j’aime ce rythme, ce va et vient. Le souvenir de tes hanches maigres d’éternel garçon, ta peau très blanche, très fine. La mélancolie se tient là toute entière sous les doigts. Comme ce jour où j’ai pris conscience que je n’aurai plus d’enfant, plus jamais, dans mon ventre. Non que ce soit irréalisable mais à 36 ans, j’en avais trois, c’était à la fois magnifique, suffisant et triste à chialer. Alors ce week-end puisque ça saigne encore et depuis si longtemps, je vais en profiter pour rester dans ma planque. J’ai annulé le rendez-vous avec J. et la lecture prévue ce soir en happy few. L’angoisse qu’une hémorragie en live ne soit prise à tort pour une performance un peu gore. J’ai des cartouches des munitions. Des livres, de la musique, des podcasts, le chat narcoleptique et netflix. Il va de soi que je n’attends ici aucun commentaire à caractère « médical » – même bienveillant – même vegan – j’évite de nourrir l’animal.
[H2] now or never
[H2] je nous souhaite de garder la flamme vivante
[H2] de ne pas la laisser s’éteindre
[H2] de l’entretenir et de résister
[H2] je nous souhaite de trouver la chaleur et le souffle
[H2] le sens du partage et celui de l’entraide pour former des archipels
[H2] je nous souhaite de prendre soin de ce qui est fragile et de ce qui tremble
[H2] je nous souhaite de redoubler d’amour
[H2] de ne pas abandonner
[H2] de continuer à lutter ensemble pour inventer quelque chose de beau et de sauvage à partir de cette colère qui flambe
[H2] je nous souhaite de tomber amoureux de rire follement de nous émerveiller encore
[H2] it’s now or never https://www.youtube.com/watch?v=UEeB3l5eJgU
[H2] 24 août 177 degrés Sud
[H2] On lutte contre ça non ? La complaisance. Envers soi. En tout cas moi je voudrais arracher chaque mot qui s’en approche. Et puis aussi tous ceux qui semblent faits pour aller ensemble et s’enchainent presque fatalement l’un à la suite de l’autre. Ca me déprime en fait. Parce-que ça repousse sans arrêt. Je devrais apprendre à poser des pièges. Cette musique dont vous parlez, je dois l’oublier. Comme ce fantasme du couple. Déjà je déteste le mot, il me fait de la peine. Je voudrais le désincarcérer, lui donner un peu d’air. Je cherche autre chose. Je dois être follement prétentieuse au fond. Tant mieux. De plus beau, de plus secret. Planqué haut dans les arbres, un peu déraciné aussi. Sans cela je ne pourrai pas l’écrire. Et c’est encore un refuge, on y échappe pas. Provisoire, instable, mal barré comme le reste. Tout ce que j’aime. J’ai très mal dormi, c’est visible, j’ai du mal à sourire et des traces de peinture blanche un peu partout sur le corps, les cheveux. Une constellation tenace et indéchiffrable puisque bien entendu je ne connais rien aux étoiles. Mon bronzage a déjà foutu le camp. Sur ma boussole de téléphone je peux lire 177 degrés Sud lorsque rien ne bouge. Vous me trouverez facilement comme ça.
[H2] un, deux, trois (grains de beauté)
[H2] Tu portes le nom d’un fleuve où je ne suis jamais allé
[H2] J’aurais du couper le cordon avec les dents
[H2] Ton père construit des châteaux en Espagne
[H2] Nous sommes gauchères toutes les deux
[H2] Tes cheveux c’était la preuve vivante du punk
[H2] J’ai dessiné sans bruit pendant quatre nuits
[H2] Un, deux, trois grains de beauté dans la campagne anglaise
[H2]
[H2] Le problème avec les vivants
[H2] Glaneuse infatigable sur le rivage. Avec plus ou moins d’abondance. La récolte se découvre chaque jour au fond du panier en raphia. Fragments de bois flotté, d’écorce, plumes, coquillages et coquilles d’huitres aux strates bleues, nacres délicates, friables, galets colorés polis par les vagues, brins d’immortelles piochés le long des dunes. Et cette façon joyeuse de vivre de nouveau moitié nue, à l’extérieur le plus longtemps possible. Les cigales à plein tube sous les grand arbres. Reprendre corps. Laisser la tête en friche. Si besoin s’en balancer encore un peu plus, les yeux fermés dans le hamac. Je marche et grimpe au rythme du soleil, pieds nus sur le sable brûlant, le vent me grise doucement, les ombres se dessinent puis s’envolent. Laisser filer, se délester. La nuit se raconte autrement. Huit ans que je rêve régulièrement de toi. Je crois que j’aime encore te retrouver là, sous la lune. Alors comment écrire avec ceux qui restent lorsque partir ou disparaître c’est commencer à laisser une trace. Facile de raconter nos histoires de fantômes, de creuser plus loin, plus profond les sillons au royaume planant du manque et des absents mais comment faire avec les vivants ? Je songe à cette toute première tâche de sang, dans les draps, un matin de juillet, ici, l’été précédant mes treize ans. Je me souviens de la sensation vive, frémissante, de ce bouleversement du corps, de l’exaltation secrète. Il se passe enfin quelque chose, quelque chose qui claque et n’appartient qu’à moi. Je pense à cette autre tâche de sang sur le dos de ma robe en coton rose pâle, entièrement boutonnée devant. Trois ans plus tard, deux corps maladroits, entre deux dunes. Toujours en juillet, toujours ici. Trente-cinq après, le sang s’écoule encore, un peu trop même, comme à l’adolescence. Et moi je t’écris sur le sable.
[H2] L’ÉTÉ INDIEN
[H2] J’ai envie d’écrire et il fait beau. Ca ne matche pas ensemble. Je ne possède pas de jardin pour écrire au soleil ou mieux à l’ombre du soleil. En revanche je dispose d’une vue assez plongeante sur la ville et elle me fait de l’oeil. A chaque fois c’est pareil, je trouve facilement quelque chose pour faire diversion. Sans doute parce-que ce n’est pas honnête, je n’ai pas vraiment envie d’écrire ou pas suffisamment. Ca ne se formule pas comme ça. Il arrive juste un moment où les choses doivent s’écouler parce-que je ne parviens plus à les contenir. Et je parle du corps. Simplement du corps. De la charge et du poids qu’il peut supporter, des signaux qu’il m’envoie et qu’il faut décrypter. Et puis je ne sais pas écrire la nuit même si quelquefois sous la lune elle se déplie et remue. Je me réveille tôt la plupart du temps pour aller travailler et le soir venu, entre les draps, j’ai ce besoin de lire longuement jusqu’à épuisement et de glisser ailleurs. Le week-end, il suffit de faire la sourde oreille. Alors je vais dégringoler depuis mes collines jusqu’au point de chute et perdre un peu les traces. Une sorte de jeu de pistes avec pour principe d’écarter la mémoire, d’échapper aux souvenirs. Encombrant ça aussi à la longue. Surtout dans cette partie de l’est parisien où je vis depuis plus de vingt ans. En plus de la caresse du soleil sur la nuque, je crois que j’ai envie de quelque chose de neuf. Et si je suis géographiquement haut perchée, il va de soi que je ne suis pas à la hauteur du jardin convoqué. Je finirais fatalement dans un hamac à contempler le bleu du ciel dont l’inconstance me laisse quand même la possibilité d’un espace ou d’une marge. Hier je n’ai donc rien écrit de ce qui remontait à la surface ces derniers jours jusqu’à en devenir vaguement obsédant. J’ai préféré faire naufrage avec ma fille sous les fleurs et les herbes hautes du jardin en cascades. L’été indien comme un retour de flammes. C’est assez mainstream de parler de soi dans le sillage, l’écume des vagues du Pacifique. A la faveur des témoignages de ces femmes qui déroulent toutes un peu le même scénario. Au delà des faits, cet empêchement à dénoncer et la peur de ce qui aurait pu mettre en péril ou anéantir leur travail. Ménilmontant-Hollywood. D’une colline à l’autre. Les relier quelquefois quand c’est possible. Ta soeur dans le coeur bouillonnant puisqu’elle travaille là-bas dans l’industrie du cinéma et toi bien plus modestement ici. Parce-qu’à vingt ans on ne possède pas les armes nécessaires pour dégainer. On se barre, on se tait, parfois on négocie, en général on abandonne et on essaie de ne plus y penser. Parce-que le temps est nécessaire pour s’affirmer et s’affranchir progressivement de la peur, des regards et des conventions. Du temps aussi pour apprendre à énoncer clairement les limites et transformer ce qui a pu fragiliser en quelque chose de solide, de direct et de libre. Tandis que les moeurs se nourrissent des médias pour accélérer le processus, poser un cadre juridique et libérer une parole demeurée contenue. Aujourd’hui je refuse cette forme de culpabilité et de honte qui ne m’appartiennent pas, ne m’ont jamais appartenu mais ont blessé mon corps et ma psyché. Rien d’absolument terrifiant, nous ne sommes pas exactement dans un conte à manipuler du symbole, enfin pas loin quand même. Il ne s’agit pas d’un évènement qui soudain modifierait le cours de ta vie presque adolescente. Mais il s’agit bien d’une liste, d’une succession d’évènements qui auront posé leurs empreintes les unes après les autres sans trouver d’autre lieu pour s’abriter que celui de la chaleur et du feu de ton ventre. Parce-que nous en conviendrons tous, c’est abject et révoltant de se servir de sa force physique ou de sa position hiérarchique pour contraindre ou proposer quelque chose de cette nature. Ton ventre aura vu grandir trois enfants, ton ventre tu voulais qu’il fleurisse. Ca a commencé tôt la violence. Une affaire de gosses. La première fois, c’est un coup de poing, une droite direct dans l’estomac. Tu es en 6ème à Rennes dans une salle de cours presque vide, le souffle est coupé, la douleur fulgurante. Vous êtes dans la même classe, il te harcèle un peu en amateur, tu as du l’envoyer gentiment balader. Tu es très bonne élève, à part ça tu n’oses pas grand chose. La vulnérabilité ultra visible malgré tes efforts pour dissimuler. L’année suivante même ville mais tu as changé de collège, rien à voir avec l’incident précédent, d’ailleurs tu ne te souviens pas d’en avoir parlé, tu as simplement déménagé encore une fois. Il est grand, baraqué, rouquin, son apparence et ses manières sont brutales. Il s’appelle Jean Michel D. tu te souviens de son nom intégralement, tu pourrais le balancer ici juste pour le dire. Quelque chose te retient encore, son âge sans doute, un contexte social ou familial difficile probablement. Il te harcèlera pendant trois ans, il est scolarisé dans ton collège, prend le même bus que toi pour rentrer et dans l’enceinte de l’établissement, sur le chemin, dans les transports, il n’aura de cesse de chercher à plaquer ses mains sur toi, enfin essentiellement tes seins, tes fesses, ton sexe et sa bouche sur la tienne. Tu ne laisses rien faire sans te défendre mais nettement plus fort que toi, il t’oppresse. Tu voudrais cracher sur son visage, oui tu aimerais pouvoir le faire aujourd’hui. Un jour il parviendra à te dénuder en partie dans les couloirs du collège, sous les yeux de deux ou trois camarades, avec cette conscience très vive qu’ils te regardent sans intervenir. Il parvient à poser ses doigts un peu plus loin sur la peau, je me débats comme je peux, je ne sais pas si je crie, je tente surtout de me sortir de là, de m’arracher à tout ça, à cette humiliation d’être observée aussi. Ca ne dure pas bien longtemps, l’interclasse du midi, un adulte, prof ou surveillant passe finalement par là, ils filent en entendant ses pas. Je me rajuste sans rien dire. Pendant trois ans, je vivrai en permanence avec cette angoisse en boule à l’intérieur. Impossible de me souvenir si je me confiais à cette amie proche, je pense que oui et me connaissant si c’est arrivé, j’ai minimisé, j’ai fait la brave comme d’habitude quand je tremble. Progressivement je décroche un peu dans certaines matières, me réfugie dans les livres et l’imaginaire. Au collège je ne suis pas en sécurité, chez moi j’ai tout ce qu’il faut en apparence mais la parole ne suit pas, motus et bouche cousue, il faudra du temps pour découdre. Survient un épisode plus trash quand je vis à Bordeaux, 18 ans à peine et je frôle quelque chose de vraiment dangereux. J’ai du sang-froid étonnamment, j’use de psychologie et parviens à m’en sortir sans y laisser de plumes. Il se fait appeler Francis, c’est un ancien détenu, ce n’est pas son vrai nom, juste le temps de fouiller dans ses papiers avant de me réfugier dans le studio que j’occupe, non loin de la place des Victoires. C’est le petit matin, sa lumière me traverse. Je songe à porter plainte mais la peur des représailles est plus grande. Je rejoins vite Paris. Quelques mois plus tard, je suis à Cannes pour une dizaine de jours. J’accompagne une amie et nous dormons dans cette immense villa louée par un magazine culturel, devenu quotidien à la fin des années 80 pour la durée du festival. Un soir cet homme que tu connais à peine, qui réalise, produit, écrit, te plaque contre un mur, tente de t’embrasser, de te toucher, tu dis non, les cris sont étouffés, tu as juste le temps de paniquer quand l’hôte des lieux survient en te sauvant la mise. Tu reprends tes esprits, ton souffle et ta colère. Tu es une jeune fille sauvage et réservée, tu ne te jettes pas dans la gueule du loup mais tu fréquentes ce milieu-là comme celui de la nuit. Alors oui tu portes quelquefois des minijupes parce-que tu as vingt ans et fais que ce qui te plaît mais avec qui te plaît. Quelques années plus tard tu es embauchée comme assistante par un journaliste de renom et chargée de mission au sein d’une fondation culturelle. Tu es peu expérimentée mais tu tentes vraiment, avec tes ailes et ton enthousiasme, d’apprendre et de combler ton manque d’assurance. Tu t’aperçois assez vite qu’il ne t’offre pas ce job uniquement pour tes fragiles compétences mais qu’un échange de services est insidieusement suggéré. L’homme est plutôt brillant sur un plan intellectuel, la réthorique et la culture te séduisent mais jamais au point de songer à basculer physiquement. Il est marié, tu es amoureuse ailleurs et surtout il ne t’attire absolument pas. Alors tu repousses les mains baladeuses qui s’attardent sur les cuisses ou la poitrine lors de déjeuners interminables dans les brasseries de Neuilly. Tu souffles sur la nausée qui s’invite à chaque fin de repas quand il s’octroie cigare et digestif. Un soir, vous travaillez tard, les autres sont partis, il essaie de t’embrasser, c’est assez brutal et franchement écoeurant, tu te dégages et rentres chez toi. Le lendemain, il t’ignore tout simplement, tu es là mais désormais tu n’es plus visible et seule avec tes projets en cours qui te seront retirés un à un, pour être confiés à une stagiaire. Beaucoup plus chaleureuse et coopérative, il ne s’en cachera pas. Tu ne tiendras pas longtemps, il te baisera autrement, contractuellement, aucune indemnité possible, tu penses au prud’hommes mais tu as moins de trente ans, un enfant et d’autres projets en tête. Passe la colère et puis basta. Ce que j’évoque ici, ce sont les évènements les plus marquants qui me sont arrivés entre 11 et 28 ans. Je ne parviens pas à dire traumatiques, ce refus de paraître victime. Le viol n’a pas eu lieu mais ce sont bien des agressions contre lesquelles j’ai du me défendre, qui ont eu un impact et ont changé la donne. Etrangement je ne me souviens pas des mots, ni des miens, ni des leurs. La mémoire se tenant toute entière dans le corps. Dans sa capacité de dédoublement aussi, quand l’adrénaline devient envahissante, je déserte mon corps et je loge dans ma tête. Cette liste est non exhaustive, j’ai été confronté à un nombre incalculable de prédateurs. Et progressivement me suis formé au combat. Le combat continue. Il y a beaucoup à faire sur ce terrain-là. Ma dernière expérience relève de la sphère intime, je la dois à un ex petit ami. J’ai toujours noué des histoires avec des hommes sensibles à la cause féministe voire engagés bref très éloignés d’une identité machiste. Il fallait une exception et ne pas valider la case sexe (car c’est un peu dingue je sais bien mais il m’arrive quelquefois de tomber de sommeil ou même d’avoir envie d’autre chose au lit avec un homme) aura révélé un comportement stupéfiant au 21ème siècle. L’idylle comme l’été n’y ont pas survécu.
[H2] Un flash, un slogan, trois points lumineux
[H2] « Peut-on écrire comme un vol d’oiseaux ? »
[H2] Question dénichée ici dans les méandres de la timeline et qui trouve écho, me ramène à l’écriture poétique, à ce regard-là. Celui qui va au-delà et trace dans l’immensité quelque chose qui ressemble à un signe
[H2] Cette nuit dans un espace blanc, tu déployais la carte, un flash, un slogan, trois points lumineux, nos ombres chinoises, un éblouissement
[H2] Le chant et le vol des oiseaux. Le vide et son vertige. Celui qu’il ne s’agit pas de remplir mais simplement de rendre à la grâce et au mouvement. A jamais rassasié, pour toujours inconsolable, ceci étant lâché, tout est désormais possible. Ce qui traverse et s’élance. Ce qui file. Le point à saisir dans une forme de perception extralucide. Le trait et l’idée qui en jaillissent. La note à entendre et à suivre dans la polyphonie des sons et l’enchantement renouvelé. Chaque fois. De plus en plus aigu. Le soulèvement du corps aussi. Ce frémissement qui te parcourt jusqu’à le tendre comme un arc. Jusqu’à se dissoudre dans l’air. Ne plus s’appartenir, se déposséder. Ecrire cette dépossession. De la nécessité de quitter. De ce qu’il nous faut quitter et nous défaire absolument, douloureusement, pour s’embarquer ailleurs.
[H2] Le souvenir de nos mains baladeuses et des cimes grimpées, dégringolées, la sensation de l’écorce et l’empreinte de la peau
[H2] On perdra quelques plumes, on sera encore un peu plus tremblants et un peu plus fragiles aussi. Le temps et l’absence auront creusé, façonné nos mines de chats écorchés. Il faudra se hisser. Alors on ouvrira les yeux et on trouvera l’audace.
[H2] Se tenir là, perchée sur mes collines, hors cadre et à perte de vue, les oiseaux ne sont jamais loin
[H2]
[H2]
[H3]
[H3] https://www.youtube.com/watch?v=Vj_dLuRTjUQ
[H3]
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